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Paroisse Protestante
de Montbéliard

Temple Saint Martin

rose de Luther
Vie spirituelle Prédications   9 septembre 2007    

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18 rue Viette
25200 Montbéliard
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Prédication 9.9.07 – Saint Martin

Prov. 9, 8-12; Philémon 7-17; Luc 14, 25-33


« Si l'un de vous veut construire une tour, il s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a assez d'argent pour achever le travail. »

« De même, si un roi veut partir en guerre contre un autre roi, il s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec dix mille hommes, affronter son adversaire qui marche contre lui avec vingt mille hommes. »

Un autre exemple :

Si quelqu’un de vous commence un projet ou un travail, il prend son temps pour se fixer un but. Il ou elle doit bien réfléchir à ses ressources, ses biens et ses moyens. L’objectif doit être réaliste, accessible et en même temps vérifiable.

En ce temps de la rentrée on fait les calculs et on fixe les buts de l’année. Les élèves et les étudiants veulent passer leurs examens, les marchands espèrent un certain chiffre d’affaires, les ouvriers un bon salaire et les retraités un voyage inoubliable.

Bien entendu, ce sont des exemples. Mais en tout cas, il est important d’avoir des objectifs dans la vie. Non seulement dans la vie professionnelle mais aussi dans nos vies privées.

Il nous faut suivre des idéaux, des modèles, bref des chemins praticables.

Prenons donc le temps aujourd’hui, réfléchissons à nos objectifs pour l’avenir proche et le futur lointain.

Je vous invite à cogiter sur vos préférences vos buts et vos espérances. Prenons une minute de silence.

Il me semble que les liens familiaux occupent la première place dans nos réflexions. La relation avec et le bien-être du père, de la mère, de la femme, du mari, des enfants, des frères et sœurs et de sa propre personne sont les objectifs principaux pour beaucoup entre nous.

Mais aussi succès au travail, et accumulation des biens sont dans nos objectifs.

S’occuper de la famille est une obligation divine. Et travailler avec succès n’est pas interdit par Dieu. Par contre, Dieu nous a donné la responsabilité et l’intelligence. Il nous demande le progrès et un vivre ensemble.

Mais au même temps il nous demande :

« Quel rôle est-ce que je joue dans vos objectifs, dans vos plannings et vos buts ? »

Il faut être honnête. Quelle importance a-t-il pour nous ? Est-ce que Dieu a la plus grande autorité dans nos objectifs ? Quelle valeur et quelle base ont nos buts ? Sont-ils des objectifs selon la volonté et les commandements de Dieu ? Qui joue le rôle principal dans nos vies ?

Est-ce que c’est Dieu ?

« Oui, il est inclus dans mes calculs, » disent les uns. « Bien sûr, il est important », ajoutent les autres. « Je suis protestant. », entent-on proclamer des gens. Et plusieurs disent « Je crois en Dieu. J’ai été baptisé à Saint Martin, je suis confirmé à Saint Martin, je me suis marié à Saint Martin et j’aurai mes obsèques dans ce temple. »

Jésus aurait répondu : « Ca ne suffit pas ! »

Croire que Jésus pardonne les péchés, tenir les 10 commandements, donner aux pauvres, supporter les paroisses et acheter des tuiles de Saint Martin.

« Ca ne suffit pas », aurait dit Jésus.

Il y a des gens qui prient plusieurs fois par jour, les autres lisent la bible régulièrement, beaucoup de personnes viennent au culte et donnent un coup de main au conseil presbytéral.

Et la réaction de Jésus : « Ca ne suffit pas. »

Point d’exclamation !

Et alors !? Qu’es-ce qu’il veut que je fasse ? Je veux bien être Protestant et je veux bien vivre dans la tradition chrétienne. Mais comment faire ? Il me faut des règles claires. Il me faut des instructions pragmatiques. Oui, je suis intéressé et ouvert pour la religion. Je pense que c’est une bonne chose.

Je la trouve attractive, la foi. Ca ne peut pas faire de mal.

Et malgré tout mon engagement Jésus aurait dit : « Ca ne suffit pas » ?

Oui, je suis désolé. Jésus aurait dit : « Ca ne suffit pas ».

Tout à l’heure nous avons entendu l’Evangile selon Luc. La première phrase de notre lecture nous explique que l’affaire « Jésus » était attractive. « Une foule immense faisait route avec Jésus. »

Certaines gens veulent bien suivre Jésus et devenir ses disciples. Même aujourd’hui.

Ce texte de la bible est un « panneau stop ». Jésus voulait que les gens réfléchissent bien à leurs objectifs en le suivant. Il faut arrêter de temps en temps. Se reposer, voir à gauche et à droite, calculer les moyens et définir les buts.

Un « panneau stop » est nous donné aujourd’hui. Arrêtons avant que nous commencions notre voyage de l’année. Arrêtons avant que nous continuions le voyage de la vie.

Un « panneau stop » est une protection. Il nous préserve d’un accident et des difficultés.

De même Jésus : Il reconnaît notre objectif d’être son disciple. Mais il nous avertit du danger de ne pas remplir cette tâche. Rater devant Dieu est le pire possible. Rater devant Dieu veut dire : La mort éternel. Et cet enfer commencerait déjà dans nos vies.

« Stop ! Arrête ! Réfléchis bien ! » dit il.

Il serait mieux de ne pas le suivre que de vouloir être disciple et ne pas y parvenir.

En fait, Jésus insistait sur le premier commandement.

Ce n’est pas possible d’avoir deux objectifs principaux. Il faut choisir : Soit suivre la famille et les biens soit suivre Jésus vers la croix.

« Celui qui vient à moi doit me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre personne. »

Oui, Jésus a bien remarqué notre problème. Il nous montre que nous avons souvent d’autres préférences.

La foi en Dieu joue une rôle secondaire ou même tertiaire. Nos objectifs sont très souvent une fixation sur ce qui se passe autour de nous. Notre bonheur, notre succès, nos biens, notre santé, notre vie éternel. Nous sommes le centre de nos désirs de nos pensés et notre espérance. La foi devient un outil pour la réalisation de nos propres objectifs.

Ne faisons pas un faux calcul. Comme celui qui a commencé de construire une tour sans assez d’argent.

Il faut bien calculer nos moyens.

Celui qui s’aime sa famille plus que Dieu ne peut pas être un disciple.

Celui qui aime soi même plus que Jésus, ne peut pas être son disciple.

Celui qui préfère ses biens au royaume de Dieu ne peut pas être son disciple.

Celui qui ne va au temple que pour raison de tradition, de culture, et de réputation ne peut pas être son disciple.

Celui qui met sa famille et lui même en première place va perdre Dieu et son aide. Je pense à l’histoire du Fils perdu. Il voulait suivre ses propres idées. Son objectif était la liberté totale et le succès personnel. Il cherchait sa chance en dehors la maison du père. Mais qu’est-ce qu’il a trouve ? Le désastre.

Seulement celui qui se laisse tomber totalement dans les bras du Père va trouver la vie.

« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de Jésus la sauvera. » Jésus ne parle pas d’un suicide. Perdre sa vie à cause de Jésus veut dire : Préférer Dieu à la famille, aux biens et à soi même. Mettre Dieu en première place et se laisser tomber dans ses bras. Cela sauvera la vie.

Qu’est-ce que c’est « les bras de Dieu » ? Qu’est-ce qu’ils font pour nous ?

Essayons de comprendre cette allégorie par d’autres images.

Le bras de Dieu est un rempart. Il nous protège contre l’ennemi. Il nous met à l’abri de la peur et de l’attaque des gens et des pouvoirs.

Le bras de Dieu lutte pour nous dans les combats quotidiens. Il nous aide au travail il nous soutient dans les maladies et connaît nos soucis matériels. Le bras de Dieu nous libère de la captivité.

Le bras de dieu est plus fort que les pouvoirs naturels et surnaturels. Même l’enfer est nul pour lui.

C’est effectivement le bras de Dieu qui s’occupe de nous-mêmes et nos familles. Son bras nous garde, nous et nos proches.


Chers sœurs et frères en Christ,

Que notre objectif primaire de cette année soit : Se laisser tomber dans les bras de Dieu. Gardons cette image dans nos cœurs.

« Je te pardonne » dit Jésus Christ sur la croix, les bas grands ouverts.

« J’ai franchi la mort » dit celui qui est ressuscité, les bras grands ouverts.

« Je te bénis » dit Dieu, le Père et le Saint Esprit, les bras grands ouverts.

Amen.

Johannes Hartmann



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