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Paroisse Protestante
de Montbéliard

Temple Saint Martin

rose de Luther
Vie spirituelle Prédications   1 juin  2008    

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DIEU INSISTE
Dt 11, 18-20 et 26-28
Dt 30, 11-20

Chers amis,

Avez-vous remarqué ? Quelle insistance ! Dieu insiste ! par la voix de son porte parole le deutéronomiste (l’auteur de la seconde loi). Il n’a pas peur de se répéter, encore et encore, quitte à être lassant :

Dieu donne un commandement ! Aimer Dieu, marcher dans ses voies. Il met devant nous le bien et le mal. Au tout début du Pentateuque, il avait interdit à Adam de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, c’est la toute fin du Pentateuque, et il prend l’exact contre-pied : il met devant nous le bien et le mal. Cette fois il traite l’humain en adulte responsable !! A-t-il raison ?? « Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement pas au-dessus de tes forces… »

La vie est une longue suite de choix !

Et quand nous nous trouvons à la croisée de chemins, lorsque devant nous un chemin mène dans une direction, et l'autre chemin dans une autre, il faut faire un choix : choix professionnels, choix familiaux, choix individuels, choix d'un domicile, choix d'une voiture ou d'autres objets, choix dans la façon de mener sa vie, dans ce qu'on mange, dans la façon dont on se soigne, etc, etc... choix toujours, avec tous les risques que cela comporte.

Il y a des gens qui disent : tout est fatalité ! Tout est écrit ! On n'a pas de marge de manoeuvre. Tout ce qu'on peut faire, c'est accepter ce que le destin nous apporte. Chère assemblée, ce n'est pas une vision chrétienne ou biblique des choses ! Certes, tout ne dépend pas de nos choix dans la vie ! Certes, il y a des situations qui nous sont imposées, des événements qui surviennent dans notre vie et que nous n'avions pas prévu, et qu'en tout cas nous n'avons pas choisi. Une maladie, un accident, le comportement d'un proche sur lequel nous n'avons pas d'influence, les conditions de vie dans le pays où nous vivons non plus ne sont directement sous influence de nos choix, de même qu'il nous faut accepter souvent les décisions prises par d'autres dans de multiples domaines. Mais tout cela ne doit pas cacher que très souvent, et même tous les jours, nous sommes appelés à faire des choix de vie pour nous-mêmes ou pour ceux dont nous avons la responsabilité.

Alors, nous ne pouvons pas penser que tout nous est imposé, que nous n'avons qu'à courber la tête devant la volonté du Tout-Puissant. Je me demande quelquefois si une telle vision des choses, cette prétendue sagesse qui est d'accepter les choses comme elles viennent, n'est pas un oreiller de paresse : puisqu'on ne peut rien changer, il n'y a qu'à se laisser aller, qu'à se laisser vivre, qu'à s'adapter aux événements tels qu'ils surviennent.

La Bible elle-même nous dit qu'il n'en est pas ainsi. Et le passage d'aujourd'hui nous le dit clairement. Dieu n'a pas créé des marionnettes ! Il a créé des êtres à son image, et je pense que cela veut dire avant tout : des êtres à qui il a donné la possibilité de choisir, de faire des choix. Y compris le choix pour la créature de se détourner du Créateur.

Mais Dieu, par sa parole, cherche le contact (toujours "TU"... !), et fait des propositions. Il n'impose pas, il propose. Et il nous conjure de faire le bon choix : "Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd'hui d'aimer l'Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies... Mais si ton coeur se détourne, si tu n'obéis pas, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare aujourd'hui que vous périrez... J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. CHOISIS LA VIE, AFIN QUE TU VIVES, TOI ET TA POSTERITE..." (v. 15-19)

Mais ce choix, peut-on vraiment le faire en connaissance de cause ? Qu'est-ce que cela veut dire, d'aimer Dieu, de marcher dans ses voies, d'observer ses commandements ? Quel est ce chemin que Dieu nous propose, et où se trouve-t-il ? Celui qui ne connaît pas trop la Parole de Dieu, celui-là n'est-il pas dépassé ? Comment observer les commandements si on ne les connaît pas, si on ne les comprend pas ? Lire la Bible, c'est bien joli, mais c'est si difficile à comprendre ! Comment s'en sortir, même en y mettant de la bonne volonté ?

Tout cela, ce sont des excuses ! Voilà ce que répond Dieu : "Ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement pas au-dessus de tes forces, ni hors de ta portée.Il n'est dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nou au cile et ira nous le chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Il n'est pas de l'autre côté de la mer, pour que tu dises : Qui passera pour nous de l'autre côté de la mer et ira nous le chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ?" (v. 11-13) Non, ce que j'ai à te prescrire n'est pas impossible à comprendre, impossible à réaliser. Les rabbins nous proposent cette petite histoire à ce propos :

"On peut comparer ce passage à une miche de pain qui pend dans l'air. Le stupide dit : "Qui peut le chercher ?" L'intelligent répond : "N'est-ce pas quelqu'un qui l'a suspendu là ?" Il va chercher une échelle ou une perche et attrape le pain. Il en va de même avec la Torah. Le stupide pense : "Quand est-ce que je peux apprendre toute la Torah ?" Mais que fait l'intelligent ? Il apprend chaque jour un chapitre, jusqu'à ce qu'il connaisse toute la Torah. Car le Saint, béni soit son nom, dit : "Le commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement pas au-dessus de tes forces, ni hors de ta portée..." - s'il est au-dessus de tes forces ou hors de ta portée, c'est à cause de toi, parce que tu ne t'en occupes pas" (Rabbi Janai, in Gradwohl III, p. 113).

Et les érudit juifs - et l'apôtre Paul comme eux (1 C 2, 10-11) - font aussi la différence entre les pensées de Dieu, et les commandements de Dieu : les pensées de Dieu sont insondables, elles sont élevées au-dessus des pensées humaines comme le ciel au-dessus de la terre. Mais les commandements de Dieu ne te sont pas cachés, et ne sont pas loin de toi, parce que Dieu a fait alliance avec l'être humain, et lui a fait connaître sa volonté.

Ce passage indique clairement que le commandement de Dieu, ce n'est pas l'affaire d'un petit groupe d'initiés, de prêtres ou de spécialistes. Depuis la révélation au mont Sinaï devant tout le peuple, tous sont concernés, et tous sont également aptes à saisir ce commandement.

Deutéronome 11 nous indique tout aussi clairement ce qu’il convient de faire pour ne pas oublier les paroles et les commandements de Dieu : les mettre dans son cœur et son âme, les lier comme un signe sur nos mains, comme des fronteaux entre nos yeux (d’où la tenue de prière des Juifs pieux). Les enseigner à nos enfants, à la maison, en voyage, au lever, au coucher : c’est-à-dire partout et toujours, à temps et à contre-temps. Enfin : les écrire sur les poteaux et les portes de nos maisons. Pas pour qu’ils fassent partie des meubles ! mais comme mémorial, ou comme pense-bête…

Chers amis, le faisons-nous ?

Nous nourrissons-nous des paroles de Dieu ? De ses commandements, pour apprendre toujours plus quelle est sa volonté ? où en sommes-nous ?

Le prophète Michée (6, 8) le dit en peu de mots : On t’a dit, oh homme, ce qui est bien, ce que l’Eternel demande de toi : c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. Justice, miséricorde, humble marche…

Impossible de dire : je ne savais pas. Je n’avais pas compris.

Devons-nous désespérer de la faiblesse et de la pauvreté de notre foi ? Non, Dieu nous connaît. Jésus connaît ses disciples qu’il appelle tant de fois « petits croyants ». Nous ne devons pas désespérer mais accepter le remise en question, accepter de nous (re)mettre en ordre de marche. Sur le chemin de la lecture de la Bible pour nourrir notre foi, de la prière pour nourrir notre âme, du temps en silence passé à adorer Dieu, en toute simplicité, pour faire respirer tout notre être intérieur.

Revenons une dernière fois au Deutéronome : Le commandement de Dieu n'est pas au ciel, cela signifie que Dieu a mis à disposition de l'homme, entièrement, la totalité de ce qu'il lui faut comprendre pour mener une vie heureuse. C'est un cadeau, et s'il ne se l'approprie pas, c'est uniquement à lui-même qu'il doit s'en prendre. "Vois, je mets devant toi le bonheur et le malheur..."

Le commandement de Dieu n'est pas au ciel, cela signifie aussi qu'il ne se trouve pas chez les fiers et les hautains, chez ceux qui souffrent d'un complexe de supériorité - Car ils se trouvent trop intelligents ! Et le commandement de Dieu ne se trouve pas de l'autre côté de la mer, cela veut dire qu'il ne se trouve pas chez les marchands et les commerçants (le commerce avait lieu avant tout par mer et par bâteau à l'époque), car ceux-là n'ont pas le temps de s'occuper de la Torah. Personne ne peut faire le tour de la Torah en un clin d'oeil.

En fait, voilà la surprise : la Torah, le commandement de Dieu, il est tout près ; il est dans chacun de vous! "C'est une chose, au contraire, qui est tout près de TOI, dans TA bouche et dans TON coeur, afin que TU la mettes en pratique..." (v. 14) Dans ta bouche, pour que tu apprennes et médites la loi de Dieu. Dans ton coeur, pour que tu en sois imprégné tout entier. Et si Dieu a placé là sa loi, c'est pour qu'elle soit le centre même de ta personne, de tes pensées et de tes actions.

Car la loi de Dieu n'a son véritable sens que si tu la mets en pratique (Es. 58 de la semaine dernière !) Si cette loi qui est tout près de toi est dans ta bouche, et dans ton coeur, et si tu la mets en pratique, alors tu seras sur le chemin de la vie et du bonheur. CHOISIS LA VIE, AFIN QUE TU VIVES, TOI ET TA POSTERITE ! TOI ET TOUS LES HUMAINS ET TOUTE LA PLANETE.

Annette Goll-Reutenauer


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