Eglise Protestante Unie de France Paroisse de Montbéliard 18 rue Viette 25200 Montbéliard Pasteur référent : Jean-François Guéry Téléphone +33 3 81 91 03 69 pasteur@temple-saint-martin.org
Paroisse protestante de Montbéliard Temple Saint-Martin
Matthieu 25 v 14-30 : Les talents Texte : www.bible-en-ligne.net 14 Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. 15 Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. 16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. 17 De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. 18 Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître. 19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. 20 Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m'as remis cinq talents; voici, j'en ai gagné cinq autres. 21 Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. 22 Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m'as remis deux talents; voici, j'en ai gagné deux autres. 23 Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. 24 Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné; 25 j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi. 26 Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné; 27 il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. 28 Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. 29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. 30 Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Prédication : Bien chers sœurs et frères en Christ, Quel homme heureux que celui de notre parabole qui avant de partir en voyage, place bien son argent. Argent qu’il retrouve avec une plu-value qui aujourd’hui encore ferait bien des envieux... puisqu’à son retour son bien avait quasiment doublé! Oui, en plus de tous ses talents, cet habile gestionnaire avait assurément aussi DU talent ! C’est certainement ce double sens du mot talent désignant à la fois une grande somme d’argent et une qualité, un don, un charisme (pour reprendre un autre mot biblique passé dans le langage courant) qui nous a donné envie de retenir ce texte pour parler de la diaconie aujourd’hui.... En effet, tous les paroissiens et responsables d’Eglise savent bien que, pour que de la diaconie se fasse, il faut des talents, entendez par là, de l’argent, des moyens; il faut, investir, dépenser et risquer de l’argent; comme l’ont fait par exemple ici à Montbéliard, les plus anciens parmi nous en décidant, en s’engageant et en travaillant pour construire et faire vivre la Résidence Surleau, qui accueille et améliore la vie quotidienne de nombreuses personnes âgées ! Pour que de la diaconie se fasse, l’argent bien qu’indispensable ne saurait suffire, il faut aussi du talent, c’est à dire des hommes et des femmes talentueux qui mouillent leurs chemises pour faire vivre et fructifier les projets... au service du prochain comme on disait autrefois, au service de la personne comme on dit peut être aujourd’hui ! Sans être trop long, pour laisser à la fin du culte et moment d’information, d’échange et de discussion, j’aimerai simplement énumérer quelques points, quelques enseignements qui me semble-t-il, se dégagent de cette belle parabole des talents. 1. L’argent dont il est question n’appartient pas aux serviteurs, ils auront à le rendre un jour, au retour du propriétaire, avec les intérêts. L’argent est confié à plusieurs serviteurs, 3 ici chez Marc, 10 dans la version de Luc: tout ne repose pas sur un seul homme : chaque serviteur fait preuve d’initiative et aura à rendre compte de choix et engagements. Même si l’un d’entre eux gère mal le bien qui lui est confié, la vie continue... Chacun des serviteurs reçoit selon ses capacités, nous dit le texte, ses compétences pourrions nous dire: aux uns il sera confié beaucoup et à d’autres moins. Cependant celui qui aura fait fructifier deux talents sera autant déclaré bon et fidèle que celui qui s’est vu confier cinq talents. L’absence de l’homme dure longtemps, il appartient donc à tous les serviteurs d’être bons à moyen et à long terme! car ils peuvent devoir rendre compte à chaque instant. L’homme de bien risque gros et engage une très grosse somme d’argent: les commentateurs des évangiles nous disent qu’un talent équivaut à 6 voir 10000 deniers c’est à dire autant de journées de travail (soit environ 440 000 € sur la base du smic soit avec les congés environs 37 ans de travail) De quoi faire rêver plus d’un syndicaliste ! On comprend donc un peu mieux la peur du serviteur à qui l’homme n’a confié qu’un seul talent ! Deux qualités sont présentes chez les deux premiers serviteurs et font défaut chez le troisième: 1. la notion d’engagement personnel (prendre des initiatives démarcher les banquiers etc...) et chacun d’entre nous sait qu’aujourd’hui encore ce n’est pas une mince affaire, il faut de l’énergie, de l’intelligence et de la pugnacité! la notion de l’urgence, du temps précieux: il n’y a pas une minute à perdre et il faut pouvoir rendre des comptes à chaque instant ! 2. Deux défauts accablent le mauvais serviteur : 1. Sa désobéissance: il n’est pas allé trouver les banquiers pour placer les biens du maître (voulait-il les garder près de chez lui, dans son terrain ?) Sa paresse: il a caché l’argent et puis c’est tout. Qu’a-t-il fait pendant tout ce temps ? Il n’a pas osé: le talent qui lui a été confié est resté caché: personne n’en a profité, même pas lui ! Ainsi le maître félicite ceux qui ont su prendre des risques... calculés. Ils se sont appliqués et impliqués pour faire travailler et fructifier l’argent. Le troisième serviteur manquait certainement d’amour et d’engagement, mais aussi de confiance envers celui qui lui confie l’argent, mais peut être aussi envers lui même... Tout au long de cette parabole, j’ai eu tendance à appeler notre homme Maître, mais le texte ne le dis pas. Qui donc est ce maître ? C’est en tous cas celui qui vient et à qui il faut rendre les comptes. La parabole peut nous laisser croire, peut être même veut nous dire que justement cet homme du début de la parabole, n’est pas le Maître, le propriétaire des talents qui sont confiés. 3. Ce qui entraine une dynamique intéressante: si nous voulons ressembler à ces bons serviteurs, ce n’est pas pour obtenir la satisfaction ou la reconnaissance de celui qui nous confie l’argent, mais pour rester fidèle au Maître, c’est à dire à Dieu qui met ses biens au service des humains... Et pour terminer, l’idée que cet homme dans notre parabole des talents, cela peut aussi être moi, toi, nous, tous ensemble avec d’autres me plait bien.... Ainsi donc, à la fois homme ou femme talentueux et serviteur, nous sommes invités à passer à l’action ....encore un mot à double sens !!!!! mais ne nous trompons pas d’action: Notre texte d’évangile vieux de près de deux mile ans est d’une actualité surprenante qui nous rappelle que contrairement au grain, qui est vivant et qui doit mourir à lui même pour porter du fruit, l’argent n’est pas vivant, il n’est pas fait pour être enterré, caché, il est fait pour circuler, aller et venir, faciliter la vie, construire des projets, certes parfois fatigants et risqués, mais qui procurent et à tous, pour la gloire de Dieu beaucoup de joie et de dignité.... Amen ! Culte Consistorial Thème diaconie Hubert.Freyermuth. 22 mars 2009